Mardi 21 septembre 2010 à 2:01

http://arkineus.free.fr/blog/appart.jpg

Dans le couloir assis, les gens attendent.

 

Les cours se remplissent aussi vite que les heures passent. Devant moi se dresse toute l'hystérie, l'absurdité d'un monde et d'un système qui se perd dans ses propres contradictions et ses propres illusions. Dehors encore, et pourtant enfermé en soi. L'homme sans cesse en transition, vers sa mort, seul prétexte à l'existence.

 

Je suis traumatisé. Violemment remué dans tout mon être. Réalisant que je ne sais où je vais, ni ce que je suis, ni ce que je veux être. Peut-être ne veux-je d'ailleurs pas être. Ou bien être par procuration. La folie humaine, jusqu'ici mythe, s'incarne, devant mes yeux écarquillés. Il n'y a à Paris que superposition des illusions de l'existence, des substituts aux nécessités de l'âme. Une sorte de drogue immonde dans laquelle l'habitant s'oublie par nécessité.

 

Paris est une ville de transition. Sa stature découle des touristes éphémères qui la dévore des yeux. La marche, la course, n'est qu'une translation d'un endroit à un lieu, d'un état à une sensation. On est but et non moyen. On évolue pour être dans un endroit et non pour aller.

 

Mon appartement est un endroit de transition, vers un autre endroit pour vivre, vers un autre métier, vers un autre moyen de vivre. Les meubles, respirent le neuf. Ce sont les miens, et pourtant tellement étrangers. Ils sont invariablement liés à cet état de transition, à cet esprit d'apprivoisement d'un espace temporaire, qui deviendra celui d'un autre dans si peu de temps.

 

Je songe à ces fantômes qui ont hanté les murs il y a à peine quelques jours. Comment étaient-ils, comment vivaient-ils? Je sens leurs traces un peu partout dans ces cloisons qui renvoient mes bruits de pas. J'ai les échos de leur transition, dans l'immensité des 90m2. Je sens leur arrivée et leur départ dans ces murs qui n'ont jamais eu d'existence.

 

Je manque d'humanité. Devant tant de regards vides, de mouvements vains, de marches sans démarches. J'ai peur de devenir comme ça. De baisser ma vigilance, et d'être dans les affres des comptes, des courses, du métro boulot dodo. De survivre.

 

J'ai été traumatisé par toute la tristesse des regards, de l'inexistence de ces anonymes que je ramène avec moi dans mon "nouveau nid". Les murs des tours se referment sur moi, ceinturés par une grand boucle autoroutière. Paris est un labyrinthe, sans issue simple vers la nature. Sans sortie, tout court. Puisque j'en ressens encore la terreur jusqu'ici au fond de mon lit, au fin fond de la maison familiale.

 

Demain j'irais à Arès. À la plage. 

voir l'Horizon.

Lundi 23 août 2010 à 19:31

http://arkineus.free.fr/blog/tempsperdus.jpg
"- On ne m'a jamais dit ça:
- On ne dit jamais rien parce qu'on parle tout le temps."


Moment fort au milieu de ma lecture.
Propention de trouver le moment de pause narrative,
donc inutile à l'avancée de l'intrigue,
comme moment le plus fort du roman.

et j'attends.
encore.
(on dirait que mon été ne se sera résumé qu'à une lasse succession d'attentes)

Sa peau me manque.
et je suis trop compliqué.
et je suis trop complexe.

Mardi 10 août 2010 à 10:17

En voyant a travers la vitre ces gigantesques mats et leur hélice tourner au loin. Une douce quietude m'envahit. Que ce se passerait-il s'il ne restait plus que ca pour nous alimenter? Des eoliennes a perte de vue, sur les cretes, les montagnes. Je crois que ca calmerait tout le monde.

Samedi 29 mai 2010 à 19:38

http://arkineus.free.fr/blog/nvdance.jpg

Cedric (accoudé sur la table):
Ca me gêne d'entendre te parler de cheminement et de cycle.
Parce que ce sont deux concepts qui ne fonctionnement pas ensemble.
On ne peut pas parler de cycle s'il y a un cheminement.


Sylvain (debout, rigide):
Je ne vois pas pourquoi.
Un cheminement peut très bien se faire par cycle.
Je ne parle pas de boucle, mais de cycle.
Il y a une énorme différence. Certains cycles amènent un mieux.
D'autres débouchent sur un autre qui amène vers un autre progrès.


Cédric (le dos de nouveau plaqué contre le dossier de la chaise):
Je suis pas d'accord.


Morgan (évasive):
Quel est le film, que vous avez vu Monsieur Berard, qui traite des cycles?


Sylvain:
Vertigo.


Morgan:
Un autre?


Sylvain:
2001, l'Odyssée de l'Espace.

 

 

 

J'ai une vie de claustrophobe. Je m'étouffe dans les innombrables contradictions qui font l'existence. Pour moi l'espace de 2001, l'Odyssée de l'Espace est encore trop confiné, pour moi la respiration n'existe pas. Comme si elle n'avait jamais existé. Je manque d'air à essayer de respirer entre études, moi, et moi. Je me noie dans des draps trop grands la nuit. Je me noie dans une trop grande confiance en moi. Je me noie dans une panique soudaine.

CYCLE.

Retour en arrière, il y a 3 ans. Même situation. Pas de révisions. Pas une seule. Des notions, prises comme ça au hasard des crises de panique. Mais Il y a 3 ans ça allait. Aujourd'hui ça ne va plus. Et si? Et si? Et si? Alors? Alors quoi? En rentrant du Leclerc je me suis d'abord détesté d'avoir acheté une poubelle pour la Fête des Mères (cadeau certes très utile et absolument nécessaire, j'essaie de m'en convaincre....), et puis je me suis dit: "Qu'est ce qui se passerait si maintenant, juste là, je me cassais une jambe?"



 

Les 4 protagonistes dînent autour d'une table
éclairée par la faible lueur d'un lampion trop bas.

Le Frère:
Moi au moins je ne fais pas que parler de mon école à longueur de temps.

Sylvain:
Excuse moi si ma vie ne peut se résumer qu'à ça.





Je suis claustrophobe dans mon exclusivité. À ne vivre qu'une chose à la fois. Aujourd'hui je me rends compte que si je me cassais une jambe, j'irais effectivement me traîner pour tenter d'écrire quelque chose sur cette putain de feuille. Au moins tenter, quitte à en crever, quitte à finir tétraplégique. Tout plutôt que la défaite. 

Je suis claustrophobe de moi. Je recherche la victoire facile. Provoque la défaite, la raille. Je n'ouvre pas mes cahiers, ne jette pas un regard sur mes cours comme pour dire "si je réussis ce coup là, alors effectivement je suis au dessus". Parce que c'est important pour moi de me considérer comme au dessus. Parce que par bien des aspects je suis en dessous.

Il y a 3 ans. C'était pareil.
Pourtant aujourd'hui, c'est différent.
Parce qu'un cycle ne se définit pas par ce qu'il est.
Mais par le point 0 définit comme objet d'une quête.

L'enjeu grandit proportionnellement au nombre de cycles,
De ce fait, le cycle semble plus pénibl
e.

Lundi 17 mai 2010 à 23:04

http://arkineus.free.fr/blog/tokyo.jpg

"- Vous m'avez dit un jour que l'ignorance n'est pas la même chose que le mal. Vous vous en souvenez?
-Oui. Je m'en souviens.
-C'est vrai? Vous pensez réellement que c'est vrai? Que l'ignorance, ce n'est pas le mal?
-Bien sûr, dit-il. Bien sûr que c'est vrai.
-Vous y croyez vraiment?
-Bien sûr que j'y crois. On peut pardonner l'ignorance. L'ignorance n'est jamais la même chose que le mal. Pourquoi me posez-vous cette question?
-Parce que... Parce que...

Une étrange sensation était en train de m'envahir, venue de nulle part, accompagnée d'une impression de puissance et de vertige.

- ... parce que c'est une des questions les plus importantes du monde."

Tokyo, Mo Hayder.




À chaque fin de chapitre, je pars. Je balance entre le livre et la réflexion. Chaque phrase, chaque mot résonne en moi comme un gong puissant. À chaque fin de chapitre, je l'écoute. Je prends dix minutes. Je souffle. Je me remets. Je le laisse se dissoudre dans mon esprit, qui le prend pour acquis. L'ignorance et le mal sont une des questions les plus importantes du monde. Quelle effet cela fait d'arriver à cette conclusion? Quelle effet ça fait d'écrire cette phrase? De se dire: "Je suis l'auteur, cette phrase est de moi."?

Une semaine j'ai essayé d'écrire cet article. Et voilà que ça arrive tout naturellement. L'admiration. Des gens que l'on admire. Ceux virtuels, les auteurs, les acteurs, les écrivains les philosophes, ceux que l'on atteindra jamais de par notre petitesse, ceux qui dans l'idéal forment un panthéon. Et ceux réels, qui nous fascinent, nous accapare en entier. Je suis dans la deuxième partie, dans la recherche perpétuelle de ces gens existants à admirer. Secrètement trouver une véritable raison entière, juste, inattaquable, d'admirer quelqu'un me permet de justifier le dégoût que je porte à ma simple existence. Je sais, et je vois, l'admiration des autres. Celle de Mathieu qui dit qu'il se sent con à côté, celle d'Adeline qui veut m'écouter parler des mythologies amer-indiennes, celle des prépa qui se demandent comment quelqu'un de leur âge peut leur faire cours. Je la sens je la palpe et je la vomis autant qu'elle me fait exister. Je me nourris à l'admiration, surtout celle que je reçois pour la réinvestir dans les autres. Les idéaliser, les placer sur un piedestal. Pour au final simplement les regarder et conclure "de toutes manières ce n'est pas pour moi." Quelle déception de voir alors, ces sujets si précieusement choyés, idéalisés, rompre toutes nos illusions et perdre ne serait-ce qu'un moment notre admiration. Leur propension à vouloir garder leur petit monde intact, à s'accrocher désespérément à quelque chose de précieux, à conclure que leur existence ne s'attache qu'à un objet ou à un seul être. Comment réagir quand celui idéalisé se noie dans les tourbillons de son ombre? Comment envisager l'admiré comme ignorant?

Vous vous en souvenez? L'ignorance n'est pas le mal?

En fin de compte je suis l'ignorant. Par delà la haute conscience d'autrui, j'en ai oublié mon existence. Est-ce le mal? Aucune idée. Est-ce que à absolument vouloir être aimé, on en amène à se détruire psychologiquement, puis physiquement, est-ce le mal? Non? Et pourtant? Quand l'ignorance entraîne les autres dans ses délires... Si je n'avais pas été si ignorant, peut-être n'aurais-je succombé à ces pulsions qui font aujourd'hui de ma vie un véritable enfer. Si elle n'avait pas été si ignorante, Grey n'aurait pas couché avec ces garçons à l'arrière de la camionnette. Est-ce de sa faute? Est-ce de la mienne? Peut-on réellement parler de faute quand on parle de monstre? En fin de compte, ma plus grosse erreur a été de croire à un moment donné que je puisse réellement vivre en m'acceptant en tant que tel. Ma plus grosse erreur a été de croire quand elle m'a dit que ce n'était qu'une question d'acceptation. Les jours s'enfuient, sans avenir véritable. Le temps a une fin, parce qu'il n'a pas d'avenir. Pas d'après-crise, pas d'après BTS, pas d'après dispute, pas de guérison, pas de solutions. Au final nous sommes en plein dans l'ignorance. Dans l'ignorance la plus totale, partout à tous les niveaux.

Est-ce le mal?
Je ne crois pas.


Je ne comprends pas comment un message a pu soulever une vague de tendresse. Où alors était-ce la discussion de l'autre soir? Finalement nous nous connaissons autant que nous nous ignorons. Il y a deux ans, c'était l'ignorance qui m'avait lancé. J'ai voulu chercher la connaissance. Aujourd'hui je sais qu'il n'existe sans doute pas de comble à l'ignorance, il n'existe que du colmatage, qui met en évidence encore plus d'ignorance.

Le monstre en moi, celui qui veut le malsain, celui qui le recherche, celui qui est devenu un leitmotiv secret tous les jours qui passent, agit comme un détracteur. Suis-je Ignorant? Moins que vous...et pourtant par bien des abords...la connaissance froide est pire que l'ignorance.

L'ignorance n'est pas le mal.

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | Page suivante >>

Créer un podcast